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La Bourgogne au 15ème siècle

Petites et grandes histoires de la cour de Bourgogne sous Philippe le Bon et Charles le Téméraire.

Les dernières heures de Pompéi.

                                            Les dernières heures de Pompéi.

                                                               Conception : Pascal TILLIET     Texte : Pline l’Ancien 

« Il (Mon oncle)  était à Misène et…. commandait la flotte. Le 9 des calendes de septembre ( soit le 24 août 79 ) vers la septième heure de la journée .. on sut depuis que c'était du Vésuve. ... le nuage avait comme un tronc très allongé qui s'élevait fort haut, puis se partageait en un certain nombre de branches.

Sans doute, à mon avis, soulevé par le souffle encore récent puis abandonné par ce souffle qui faiblissait, ou même affaissé sous son propre poids, il se raréfiait et s'élargissait. Il était tantôt blanc, tantôt sale et taché, suivant qu'il avait entraîné de la terre ou de la cendre...mon oncle .... commande qu'on prépare une liburnique. Il sort de la maison, il prend ses tablettes. À Rétine, les matelots, effrayés de l'imminence du péril, le suppliaient de se dérober à un danger si grand...Il fait mettre en mer des quadrirèmes, il s'embarque lui-même, portant secours non seulement à Rétine, mais à d'autres endroits, car ces lieux charmants étaient très-fréquentés.    

Il court là où les autres fuient, et il gouverne directement vers le péril; tellement libre de crainte, qu'il notait et dictait tous les mouvements, toutes les figures de ce phénomène à mesure de leur apparition. Déjà la cendre tombait sur les vaisseaux, d'autant plus chaude et plus épaisse qu'on approchait d'avantage; déjà même arrivaient des pierres ponces et des pierres noires, calcinées et brisées par le feu; déjà le fond de la mer s'était subitement élevé et la montagne écroulée barrait le passage.

Cependant le mont Vésuve en plusieurs lieux projetait des flammes très-larges et des incendies élevés, dont la lueur et l'éclat s'accroissaient par les ténèbres de la nuit. Mon oncle, pour dissiper les frayeurs, répétait que c'était des maisons de campagnes qui, abandonnées au feu et désertées par les paysans épouvantés, brûlaient dans la solitude...la cour de laquelle on allait au corps du logis se remplissait déjà tellement de cendres et de pierres ponces, que, si on fût resté plus longtemps dans la chambre, on aurait pas pu en sortir.

Là on délibère s'il vaut mieux rester dans la maison ou errer en plein air. En effet, les murailles chancelaient par de fréquents et violents tremblements; et, comme arrachées de leurs fondements, elles semblaient de ça et de là aller et revenir. En plein air on craignait la chute de pierres ponces légères et calcinées. On se met des oreillers sur la tête, et on les attache avec des linges: c'était la protection contre la chute des pierres. Déjà il faisait jour ailleurs, mais là était une nuit plus noire et plus épaisse que toutes les nuits.

Cependant on s'éclairait avec des torches nombreuses et des lumières de toutes sortes. On résolut d'aller au rivage, et de voir ce que permettait la mer; mais elle restait grosse et contraire.

Là, mon oncle se coucha sur un drap, demanda à diverses reprises de l'eau froide, et en but. Puis les flammes et une odeur sulfureuse qui annonçait les flammes mettent les autres en fuite, et, lui, le font lever. Appuyé sur deux esclaves, il se redresse et tombe aussitôt. je pense que la vapeur épaisse lui coupa l'haleine et lui ferma le passage de la respiration, qui chez lui était naturellement faible, étroit, et fréquemment oppressé.

 

Quand le jour fut rendu (ce fut le troisième après le dernier qu'il avait vu), le corps fut trouvé intact, sans lésion, et couvert de ses vêtements.Son apparence était plutôt celle d'une personne qui se repose que d'un mort. »

 

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